Le Raid à Toulouse, c’est « Mission accomplie »

Fidèle lecteur du Figaro. Poivrot égaré dans les quartiers sombres du XVIe arrondissement de Paris, dans les faubourgs d’Hénin-Beaumont et de Neuilly, te voilà maintenant désarmé face à la monté d’un populisme gauchiste bien mal venu lorsqu’il s’agit de reprendre les grands sujets de société que sont : le saucisson à la cantine, les nombres de chiffres après la virgule de ton taux d’imposition et la manière dont tu vas pouvoir faire passer dans tes frais professionnels la consommation d’essence de ta Porsche grisonnante lorsque le Sans Plomb atteint des sommets (2 euros le litre dans ta banlieue à toi). Ami conservateur, reprends-toi !

Tu te languissais des répliques un peu banales de ton candidat favori. Le journal de 13 heures n’avait même plus la saveur des grandes années Chichi puisque Pernault, désenchanté par le halal, ne pouvait plus faire son tour de France des blanquettes et autres viandes en sauce que tu dégustes avec désinvolture dans ta maison de campagne des Vosges. La Morano t’évoque le temps de ta jeunesse (fougueuse, profondément engagée – à droite, sinon pire – impulsive, irréfléchie). Et ta jeunesse t’évoque ce temps où tu pensais moins à l’argent qu’à la portée de tes idées. Voilà que le nain disparait de Paris pour faire ses tours provinciaux afin de gagner les voies de quelques hurluberlus calfeutrés entre deux mottes de paille et un civet. Bref, le conservatisme a du bond, mais qu’il soit parisien, vieillot, élitiste et acide. Or, sacré nom d’un turque, le voila devenu provincial, fêtard, populaire et banalisé !

Le Figaro (ce vieil ancêtre extrémiste que tu as appris, en moins de trente ans, à calmer et à caresser dans le sens du poil républicain) se cachait derrière quelques articles engagés, soit, mais toujours beaucoup trop à la portée d’un tout le monde là où l’enfoirisme de première, à la manière d’Onfray squattant Camus (cette critique assez vicieuse pour plaire à tout le monde sauf à celui qui a un tant soit peu lu Camus – ce qui serait la moindre des choses) devait se violenter, oui, mais dans un langage châtié que seul les Professeur Emérites de Paris II pourraient comprendre. Lorsque dans tes charentaises (de Charente), tu tournes la poignée en diamants (bien africains, eux) de ta porte d’entrée pour ramasser ton canard, tu te demandes maintenant si friser le lumbago pour lui relève moins de la conviction que de la folie. Sarkozy, Hollande, Sarkozy, Hollande, Sarkozy, Hollande, l’un dans l’autre, ils se ressemblent, non ? Te voilà, comme moi, démuni de tout favori politique, le fer de lance d’une politique bi-centenaire tombée en lambeau, il va falloir choisir ailleurs. Tu pensais bien à Marine (et tu y penses toujours, petit cachotier), mais ruiner quarante année d’efforts dans tout le beau Paris pour un petit homme acharné qui cafouille et bafouille plus qu’il ne nettoie à la pelleteuse les ruelles de la Courneuve, mince ! ça t’en remue les hémorroïdes. Et puis cette salope shootée au Schnaps serait capable de faire expulser Lehna, ce ravissant petit morceau caramélisé par douze années passée sous le soleil libyen, offert par BHL juste avant la chute de Kadhafi et qui s’occupe moins du ménage que de ton propre confort personnel (zapper Nagui, entre autres choses).

Alors lecteur ! Lecteur du Figaro ! Ce matin, presse-toi dans ton kiosque pour l’étreindre une dernière fois. Une toute dernière danse colonialiste, comme au bon vieux temps (celui où l’Algérie t’accueillait huit mois sur douze dans ses douces et vertes prairies maghrébines) avec ces éditorialistes qui, de Pétain au port du voile, en passant par Mai 1968, t’auront fait plus vibrer que le dernier match du PSG (la tribune Boulogne étant devenue beaucoup plus basanée qu’elle n’était ouvrière dans le passé) contre Marseille (cette ville d’immigrés). Quitte à devoir abandonner définitivement l’amour de ta vie, tu ne peux refuser cette dernière érection idéologique pour écrire l’histoire belle d’un divorce à l’amiable.

Et là, c’est l’Arrêt Cardio-Vasculaire. L’éditorial d’Yves Thréard t’aura mis le cul par terre. Beuglant le nom de ta femme, Lehna arrive la première, un verre de Chivas dans la main. Sans glaçon. Dans une Une intitulée « Mission accomplie », mettant en scène une trentaine de bonhommes à cagoule à l’air charmant et aux manières que tous deux savons particulièrement raffinées, ce petit enfoiré d’éditorialiste ose tâcler les associations contre les droits de l’homme ! Quelle audace ! Quel génie ! Tu ouvres la page et découvre ce titre miraculeux : « Mort en djellaba et en gilet pare-balle ». Dans ton souvenir, il faut peut-être revenir à Pasqua pour voir une telle stigmatisation raciale ! Page suivante. « L’incompréhensible dérive d’un petit voyou ». Ah, anecdote au karcher de 2007, le bon temps ! Ah Merah, Merah, Merah. Petit immigré sympathique qui aura réveiller tes élans islmaophobes.

Entre d’autres papiers un peu cru, tu tombes sur la double page débats et opinions où Eric Delbecque (chef du département sécurité économique de l’Institut National de la Sécurité et de la Justice et responsable de la sécurité de ton loft avec vue sur Palais Bourbon), Ivan Rioufol (ton éditorialiste favori et parrain de Anne-Sophie et Jean, tes deux enfants) et Richard Prasquier (président du CRIF et accessoirement, le créancier de tes trois appartements du Cap d’Agde) s’en donnent littéralement à coeur joie. « L’insécurité : une cause d’union nationale ! » Que Poincarré s’en retourne dans sa tombe ! « Ceux qui ont permis à la barbarie de terroriser la France » permet à ce sacré Ivan de niquer tout ce qui bouge pour continuer le travail d’installation de l’Etat Policier. Quant à la « Lettre à Nicolas Sarkozy, président de la République » (il faut le rappeler, le socialiste a tendance à oublier) de ton juif préféré, elle reste dans ta mémoire, quoi que tu rêves encore d’un APAIC à la française.

A toi ami conservateur, je ne t’en dévoilerai pas plus. Je crois que ces simples titrailles t’inciteront vivement à quémander ton jardinier (Lehna) à t’acheter cet opus final afin que tu puisses découvrir de tes propres yeux un contenu alléchant en attendant de recevoir ton abonnement à Minute et l’édition spéciale du Figaro Magazine de demain intitulé : « Ces djihadistes qui menacent la France. »

Stylzzed

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