Quand Sarko’ a peur de l’extrême droite

A l’aube de la nouvelle année, les pressions de l’échéance électorale se font de plus en plus vives, l’occasion pour Nicolas Sarkozy de s’affirmer une fois de plus en figure unique de la droite. De toutes les droites.

La commémoration de l’anniversaire de Jeanne d’Arc, personnage historique passé à l’ordre du mythe dont les appropriations par les politiques ont toujours été multiples ; ces commémorations donc, sonnent une nouvelle première dans l’histoire présidentielle de la Vè république, il aura en effet assisté à la célébration dans son village natal. Ce déplacement fait au cœur de la légende n’est pourtant pas sans arrière pensées. Jeanne d’Arc ou Jeanne, comme il l’appelle lui même, évoque en lui nombres de sentiments, transmis par son visage si expressif et délibérément émotif. L’une des plus grandes dames de France a en effet été l’actrice d’un fait majeur de l’Histoire Française, et le mythe, bien que toujours inexpliqué, toujours controversé, alimente la flamme patriotique qu’il se complait à attiser.

Car le parcours de Jeanne d’Arc (pardonnez ma propre pudeur) est encore très discuté : fille de roi, de fermier, sa légitimité, surtout à l’époque, a fait grand bruit et l’a conduite d’ailleurs droit au bûcher (où il se pourrait qu’elle ne soit pas morte). Les revirements de l’Eglise font également preuve de ces hésitations à considérer ce personnage peut être psychotique, comme touché par le divin, et sa canonisation tardive en 1920 lui permit cependant d’obtenir grâce et d’être louée officiellement comme la sainte qu’elle fut. C’est donc la ferveur catholique plusieurs fois revendiquée qui l’a amené à Domrémy, et peut être également sa culture et son attrait pour les faits historiques non résolus. Pourtant il n’en est rien et son discours sans équivoque le prouve : le président Sarkozy est venu en campagne pour faire sa campagne et le point d’honneur qu’il y affiche pourrait me faire sourire si l’alcool qui me tourmente le ventre ne me donnait la nausée. C’est un grand appel à l’électorat du Front National qu’il présente alors, utilisant la figure patriotique qu’il avait déjà tenté d’approcher par son thème de « l’identité nationale », dont le double sens et la faiblesse de niveau du débat n’avait pas permis d’atteindre les résultat escomptés.

Qu’importe donc, il s’appropriera du Front leur icône de rassemblement en cette nouvelle année et est à même d’organiser la même marche à Orléans pour les fêtes johanniques, régulièrement cibles de pierres. Car Nicolas Sarkozy n’est pas dupe, l’électorat qui lui a permis de s’imposer en 2007 venait en parti de l’extrême droite (pour preuve le faible 10% de M. Le Pen au premier tour) et que leur déception se ressent à nouveau dans les sondages : le Front National a « repris » son électorat et ce n’est pas bon pour lui. Peut être pensait-il que la création d’un ministère de l’Immigration et la présence à leur tête de xénophobes avérés lui permettrait de conserver les électeurs indécis, mais c’est venir à penser qu’un grand nombre de français sont profondément racistes. Or, si l’on doit reconnaître qu’ils (avec ses conseillers) font preuve d’intelligence en matière d’image médiatique, le manque d’analyse de la situation ou peut être l’impossibilité d’agir dans les fondements, lui fait oublier le principal : c’est la peur face à leur avenir qui les pousse aux extrêmes.

Cependant, et cela a toujours été (ce thème bien que barbare et stéréotypé marche et la montée de Mme Le Pen le prouve) la peur de la perte de l’emploi au profit pourtant de personnes est une idée ancrée et ses ministres alloués à cette branche, Mr Hortefeux et Mr Géant malgré leur bonne volonté n’ont pu affluer sur la croissance du chômage. Mais ils voient que la baisse du niveau de vie, du pouvoir d’achat n’ont pu être atténué, contrebalancées voir même sauvegardées alors que les affaires éclatent et que le ton monte. La désillusion s’empare d’eux à mesure qu’ils prennent conscience qu’ils se sont fait floués : cet homme n’est qu’une image médiatique au service des invités du Fouquet’s. Mais s’il durcit le ton, pourra-t-il rapatrier ses électeurs perdus ? Le patriotisme n’est certes pas une attribution de l’extrême droit mais quand prononcera-t-il: « vous n’avez pas le monopole de la haine» ?

Lazypresident

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