Sarkozy à Poitiers : pourquoi nous n’y étions pas

Photo AFP

C’était l’évènement de ce début d’année. Pour Poitiers, pour l’Education Nationale, pour l’Enseignement Supérieur, pour la caste politique et pour l’UMP, la venue de Nicolas Sarkozy au Futuroscope représentait beaucoup – toute proportion confondue. L’avion arrivé à Biard, les voitures de fonction en marche, Luc Châtel et tout sa clique derrière lui, le Président de la République a présenté ses voeux, jeudi, pour l’enseignement. Dix raisons pour lesquelles nous avons décidé de ne pas assister à ce spectacle, rare dans la région.

Raison n°1 : par superstition. Le 5 janvier 2007, mêmes visages, mêmes allures – un peu plus jeunes, toutefois. Jean-Pierre Raffarin invitait un Nicolas Sarkozy en campagne à présenter ses voeux en Poitou-Charentes. Quelques mois plus tard, le leader de l’UMP revêtait le costume du chef de l’Etat. Un quinquennat plus tard, le sénateur poitevin remet le couvert. Dans les heures sombres d’un presque-candidat en retard dans les sondages derrière François Hollande, la droite manquerait-elle de moyens et nous jouerait-t-elle la carte (supertitieuse) du vice-repetita ?

Raison n°2 : par esthétisme. Le visage tiraillé de Nicolas Sarkozy n’a, à vrai dire, plus grand chose à voir avec celui qu’on lui connaissait il y a cinq ans : motivé, incisif, aux aguets, nerveux et … jeune. Aujourd’hui ridé, bougonnant, mou et … fatigué. Comme à l’épreuve des derniers évènements qui agitèrent le continent français et la planète Europe, l’arrêt de ses sempiternelles séances sportifs par manque de temps (et de motivation ?) se fait sentir. Pas de Carla Bruni, plus de Rama Yade, l’UMP ne nous séduit pas.

Raison n°3 : par sécurité. Et éviter ainsi les 800 policiers déployés pour l’occasion. Si le fade record de Châtellerault n’a pas été dépassé, il faut sûrement saluer le caractère socialiste modéré de la ville de Poitiers et de sa délinquance « maitrisée », aux dires du chef départemental des forces de polices, Monsieur Papineau. Mais même déguisés, on risquerait d’en prendre dans l’aile.

Raison n°4 : parce qu’il n’est pas en campagne. Pas d’attaques gratuites, pas d’idées nouvelles à proposer pour les cinq prochaines années, pas de mains à serrer, par de vote des enseignements à conquérir, pas de grands discours, pas d’utilisation des deniers publics à des fins électorales, pas de critique sur François Hollande et ses 60 000 nouveaux enseignants. Que des voeux de début d’année, une réponse concrète à la crise, des solutions pour la fonction publique et l’Education Nationale. Bien sûr.

Raison n°5 : parce que rien ne nous y obligeait. Contrairement aux fonctionnaires d’encadrement et chefs d’établissements qui ont eu l’agréable surprise d’avoir obligation de présence par le Rectorat (cf 7 à Poitiers). Et pour continuer dans l’humain, tout ça par mail.

Raison n°6 : par solidarité. Avec Ségolène Royal, directrice de Région (indisposée, à l’étranger, en vacances, disparue ? …) Jean-François Macaire, vice-président de Région (indisposée tout court …), Europe-Ecologie-Les-Verts (ont refusé en apprenant que les voitures de la délégation roulaient au diesel) et quelques syndicats professionnels. Une petite pensée pour le maire de Poitiers qui s’est déplacé. Par obligation.

Raison n°7 : par optimisme. Parce que nous n’avons pas envie de savoir que la politique de l’enseignement ces trente dernières années (dont dix sept sous la coupelle de la droite) était erronée, qu’on s’est complètement planté sur toute la ligne tout ce temps. Ca représente beaucoup d’argent. Trente ans.

Raison n°8 : par acquis de conscience. Pour nous éviter de devoir écouter la justification des 30 000 suppressions de postes dans l’Education Nationale « parce qu’on peut faire mieux avec moins ». Travailler plus pour gagner plus ayant connu son échec, nous émettons donc quelques doutes sur ce postulat. S’il faudra, peut-être revoir la condition des enseignants, des professeurs des écoles et professeurs dans le secondaires, il apparait toutefois que ces souhaits faisaient partie déjà du programme de Nicolas Sarkozy en 2007. Manque de « courage », démagogie électorale ou emploi du temps surchargé ?

Raison n°9 : parce qu’il y avait une ancienne Miss France avec Castaldi sur TF1 à la même heure dans la Roue de la Fortune.

Raison n°10 : parce que nous n’avons pas été autorisé à y aller. Malgrés nos coups de téléphone répétés à la Mairie de Poitiers puis – et surtout – à la Préfecture de la Vienne, nous n’avons pas réussi à nous incruster dans ce schow présidentiel passionnant. A notre plus grand regret. Du sentiment de dégout des employés de la marie (socialiste) au scepticisme méprisant de la préfecture (de droite ?), rien n’y a fait. « Votre profession Monsieur ? » – « Etudiant. » – « Et pourquoi voudriez-vous y assister alors Monsieur ? » – « Bah … c’est mon Président quand même. Par curiosité, ça m’intéresse. » Hum, pas très convaincant apparemment. Heureusement, nous n’avons personne à corrompre, personne à caresser dans le sens du poil.

Alors on se contentera de ce petit billet ironique.

Stylzzed

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